Jeudi 15 novembre 2007
4
15
/11
/Nov
/2007
19:40
Chapitre 8
Chemm' se baissa, évitant une boule de feu qui lui était destinée. La femme profita de sa position pour trancher les jambes d'un inconnu qui passait en courant devant elle. Un flot de sang vint teinter le sol, engluer ses chaussures. Le mâle s'effondra, et fût bien vite écrasé sous la masse des hommes cherchant à fuir, et des femmes qui les poursuivaient.
Ne pouvant pas laisser les filles se battre seules (quoiqu'elles en auraient été parfaitement capables), Chemm' se releva prestement, et tout en bondissant, planta un poignard dans la gorge d'un démon qui avait eut la malchance de croiser sa route.
Avec le recul, elle se dit que Lorelei, sa chère conseillère de toujours, avait bien fait de jeter son dévolu sur Aegone pour entrer dans le monde. En plus d'être bien placée géographiquement, cette ville avait l'avantage de pouvoir nourrir une armée (une fois débarrassée de tous ces mâles grouillant, mais ce n'était qu'un léger détail) et de n'abriter que des anges et des démons ayant perdu l'habitude de voler. Bon, mais si ça n'avait pas été le cas, ils auraient eu du mal à décoller, pris au piège, cloués au sol par la masse féminine.
Masse féminine qui s'en donnait à coeur joie, prenant sa revanche sur toutes les frustrations du passé. Les plus douces des femmes se transformaient maintenant pour devenir les pires guerrières. Chemm' n'aurait pas conseillé au plus hardi des hommes de venir se frotter à elles (et elle d'ailleurs aussi).
Les mâles tombaient très vite. Elles gagnaient la bataille à une vitesse fulgurante. Plus loin, Chemm' constatais que Lorelei se servait beaucoup des lances en fer. Sa chef préférais les poignards fins et ciselés. Elles approchaient du centre de la capitale.
Etant arrivées au petit matin, leur plan c'était tenu à encercler la ville, puis à avancer toutes en même temps vers le centre, ne laissant pas un seul mâle s'échapper du piège à rats. Quoique les rats en réchappaient, les femmes restant des femmes, et se refusant à tuer des petits animaux qui ne leur avaient rien fait, et qui de plus importunaient les habitants de la ville. Les amis de leurs ennemis étaient leurs amis.
Chemm' atteignit la première la place centrale. Elle monta sur le bâtiment le plus haut, où quelques jours plus tôt elle aurait pu coincer les chefs démoniaque et angélique. Elle observa la bataille se finir à ses pieds. Le dernier homme tomba. Un jeune humain, qui appelait sa mère, des larmes coulant de ses joues, alors qu'il essayait de se protéger avec ses bras. Dans son regard passa la peur quand Lorelei lui trancha la tête. Puis lorsque celle-ci tomba, le jeune sembla se calmer, ses yeux se fermèrent. Il semblait apaisé. C'était étrange.
Etrange que les tueuses et les tués aient ce sentiment d'apaisement suite à se massacre. Les tueuses avaient fait sortir leur rage d'égalité. Certains tués avaient peut-être alors réalisé qu'ils étaient allés trop loin. Etrange, d'apprendre de la mort.
Chemm' releva ses yeux et regarda l'horizon. Au loin, l'astre du jour déclinait, laissant la nuit apporter la paix sur le cimetière géant.
Vingt-quatre heures après le départ des femmes, Aegone était tombée.
La lune donnait des airs de ville fantôme. Des rues jonchées de cadavres émanait une odeur âcre de sang et de mort. Les insectes et les rats avaient fuit.
Chemm' cherchait des éventuels blessés. Mais apparemment, aucun. Nulle femme n'avait été écorchée, aucun homme n'avait survécu. A chaque pas, elle bousculait des morts. C'avait été un véritable carnage. Mais au moins, maintenant, les hommes étaient prévenus. Les filles n'avaient été soulagées que temporairement. Si ont s'en prenaient à elles, la bataille reprendrait.
Abandonnant ces vaines recherches,Chemm' rebroussa chemin, et prit la direction du bâtiment de la place centrale, qu'elle et les autres avaient désigné comme leur quartier général.
Blotties les unes aux autres, les femmes recherchaient un peu de chaleur. Ces hommes ne connaissaient donc pas le chauffage au feu de bois? Mais comment avaient-ils fait pour se passer des femmes? A la réflexion, Chemm' se dit qu'ils ne devaient manger que des morceaux de viande avariée, et ne se chauffer que sous des couvertures pas lavées depuis des mois.
Révulsée par cette idée, elle alla se glisser près de Lorelei, lui déposa un baiser sur le front et lui secoua l'épaule pour la réveiller.
"-Chemm'? Qu'est-ce que tu veux?
-Tu seras avec moi demain, n'est-ce pas?
-Mais oui. Où veux-tu que je sois, sinon avec toi?
-Bonne nuit, Lo'.
-Fais de beaux rêves, Chemm'."
Les deux femmes se resserrèrent pour garder la chaleur, et s'endormirent, pensant à la longue joute verbale pour la liberté qui aurait lieu le lendemain.
